Saurez-vous garder les meilleurs ?

Bon, ça va un peu mieux sur la Planète Business, mais tout le monde attend que la reprise économique veuille bien se faire plus franche.

Pourtant, les Directeurs des Ressources Humaines devraient être un peu moins pressés que les autres. En effet, ils vont alors être confrontés à une difficulté assez inattendue, sorte d’effet de bord nocif pour l’entreprise.

Surprise

Selon une enquête SHL – Net-iris – Top Management France qui vient de paraitre, un actif sur deux serait prêt à quitter son entreprise – c’est à dire plus que simplement son job – une fois que la croissance sera revenue.

On apprend, dans cette étude, deux ou trois autres tendances intéressantes, comme par exemple que plus de la moitié des cadres et ou des dirigeants interrogés sont épanouis dans leur métier ou que la principale motivation au départ serait en premier lieu l’argent, suivie juste après par un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Pour vous, chers amis DRH, quelles conclusions pouvez-vous tirer de ces informations ? Vous êtes penchés sur ces problématiques toute la journée donc vous trouverez sans aucun doute vos propres réponses. Nous allons toutefois vous donner une ou deux de nos pistes.

La question du salaire, pour évacuer immédiatement le point sur l’argent, est un faux problème pour différentes raisons. La majorité des entreprises ont “profité” de l’arrivée de la crise pour geler voir réduire les rémunérations, en en faisant de ce fait un élément de frustration important. Par ailleurs, le climat morose que nous traversons incite tout le monde à aller vers plus de sécurité… et l’argent semble un bon moyen de sécuriser sa situation personnelle. Avec la reprise, non seulement les salaires devraient reprendre leur progression mais le sentiment de manque de sécurité s’évanouira de lui-même, remettant la motivation financière à sa place habituelle.

Pour ce qui est du respect de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, c’est déjà plus compliqué. La crise nous a tous mis sous pression, car les objectifs sont forcément plus difficiles à atteindre… Le management a donc eu tendance à “cravacher” fortement pour y arriver. Avec la reprise, cela ne devrait pas forcément se calmer, car après une période difficile, il est urgent de retrouver une structure saine (c’est à dire de se reconstituer sur le plan opératoire, financier, humain,etc…). Il faudra donc continuer à “cravacher”. La solution, ici, est de repenser fondamentalement l’organisation et la faire évoluer vers un modèle plus respectueux des Hommes et moins coûteux sans pour autant sacrifier la productivité et l’efficacité. Les possibilités sont nombreuses et des alternatives comme, par exemple, la mise des équipes en télétravail sont pleines de sens. Nous accompagnons en ce moment plusieurs clients sur les aspects humains de la mise en oeuvre d’un plan massif de passage en télétravail et cette décision – stratégique – semble trouver un écho positif à tous les niveaux, pour peu que l’on s’y prenne avec méthode.

Enfin, et je suis sûr que c’est l’information que vous avez gardé à l’esprit, comment va-t-on retenir plus de la moitié de ses cadres, management comme dirigeants, qui veulent aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Je crois que le pire, comme souvent, est l’immobilisme. Nous avons souvent évoqué, au niveau d’une entreprise, les notions de valeurs, de marketing interne, de culture, de vision partagée, de stratégie que tous se seraient approprié… Cela n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui.

Nous sommes avant tout des consultants en performances d’équipe, donc forcément, il peut sembler que nous prêchons pour notre paroisse, mais c’est le résultat de notre réflexion : le moment est bien choisi pour lancer un grand plan de marketing interne à destination des équipes, qui sera d’une ampleur inversement proportionnelle à l’état de dégradation de votre Marque Employeur.

Je vous renvois sur la note précédente, qui donne un exemple concret des effets pervers d’un manque de marketing interne. Même si l’angle de la note est tourné vers l’extérieur, c’est aussi vrai vers l’intérieur.

Lancer un tel plan relève d’un budget que vous n’aviez sans doute pas prévu d’investir, mais il reste bien en-deça de se que pèsera le surcoût lié aux besoin de recrutement visant à pallier les départs… que vous n’aviez pas prévu non plus.

D’ailleurs, c’est un chantier que vous pouvez mener par vous-même, sans avoir forcément besoin de faire appel à Stonfield ou nos confrères… mais c’est un chantier que vous devez mener, parce que, comme disait il y a longtemps Emile de Girardin : “Gouverner, c’est prévoir !”… ce à quoi nous préfèrerions ajouter, maintenant que la prévision est faite, que “Gouverner, c’est aussi agir” ;-)

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